Marc-André Robitaille

Directeur, Traduction

Contrepèterie de transcréation

Le jeu de mots n’est pas recherché, il se crée.

 

Contrepèterie, calembours, autotraductions et autres jeux (pas si) solitaires des traducteurs

Ils sont notre matière première, les mots sur papier, les mots sur écran, l’émaux sur cuivre. On les malaxe, on les triture, tous pétris d’exactitude que nous sommes.

Un traducteur, c’est un peu un artiste de cirque : il jongle avec les usages, sait atteindre la cible avec ses termes affûtés et fait montre d’un équilibre assumé sur le mince fil des idées.

L’art, c’est du sérieux… mais que révèlent les coulisses du cirque?

Pour la plupart, les traducteurs sont de facétieux potiers…

Ils se créent des proverbes : La rondelle ne se rendra pas ici au printemps; Un tien vaut mieux que deux à crédit; Tout cela n’est que poutre aux yeux.

Ils s’expriment en calembours : Ce changement, c’est du bonnet blanc, blue bonnets; L’anglais a été relu, le français s’en vient… espérons que le tchèque soit « dans’ malle »; J’ai fait quelques corrections, mais rien pour écrire à sa grammaire.

Parfois, leurs remarques sont à la limite de la rectitude : Les échanges sur ce chat ont du chien; Pas besoin d’être une encyclopédie sur deux pattes, des petits roberts font bien l’affaire; Cette histoire est comme un eunuque décapité, elle n’a ni queue ni tête.

Parfois, je dirais une seule fois, une anagramme (en fait, un allographe) nous laisse pantois jusqu’à ce qu’on nous donne la clé : 7AC GAC VQ (c’est assez, j’ai assez vécu).

Parfois, le jeu de mots n’est pas recherché, il se crée quand, comme disait feu mon père, la fourche vous langue… quand vous souhaitez dire « Faites-moi signe », que la tentation du conte du vilain petit canard vous appelle à écrire « Faites-moi cygne »… mais que votre humanité vous pousse à écrire « Faites-moi singe »… mais Antidote vous ramène sur le doit chemin (pfff! Et encore). Il en va de même pour le t mal décalé d’une espace de « Go(t) it »… et que dire de la Poune aux œufs d’or!

Notre comité de terminologie discutait un jour du caractère approprié de l’expression « poule de hockey » pour traduire hockey pool en comparaison de cagnotte ou de paris sur le hockey. Nous avons adopté « poule de hockey », expression bien connue, surtout qu’un petit rigolo avait soulevé que seule une « poule de hockey » fait puck-puck-puck.

Revenant d’une séance de magasinage dans un magasin de meubles à monter suédois, j’ai dû traduire un texte invitant les participants à s’inscrire aux tables disposées devant la « salle de balles » d’un grand hôtel d’Ottawa. Comme quoi, j’en avais perdu la boule!

On a beau en rire… on l’évite… on a tous les outils pour vous éviter nos jeux de mots… mais, entre amis, on souhaite ardemment vous en faire part.

Cela dit, ces « défauts » nous rendent imbattables en transcréation!

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